Par Margit MOLNAR, Michael ABENDSCHEIN, Taoufik ABBAD, Abdenbi EL ANSARY, Peter JARRETT, Kyongjun KWAK, Badr LAZRAK, Cyrille SCHWELLNUS, et Jen-Hsuan (Paul) YU
La gestion macroéconomique prudente du Maroc a assuré la stabilité et une reprise rapide après les chocs récents. La productivité du travail a augmenté et les flux d’IDE ont été importants. Le Maroc s’est lancé dans des réformes majeures pour encourager l’investissement et renforcer la protection sociale, mais processus de convergence plus forte sera nécessaire.
L’écart de productivité du travail par rapport aux États-Unis reste relativement important (graphique 1). Le Maroc a réussi à attirer de grandes chaînes de valeur mondiales dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique, mais leurs liens avec l’économie locale pourraient être renforcés. La valeur ajoutée locale reste concentrée sur des activités moins sophistiquées. L’informalité répandue et la petite taille des entreprises freinent la croissance de la productivité. L’investissement est stimulé par les incitations gouvernementales dans le cadre de la nouvelle Charte de l’Investissement. Veiller à ce que les incitations à l’investissement soient équilibrées entre les secteurs nouveaux et établis contribuerait à élargir la base industrielle. Poursuivre les efforts engagés pour lutter contre la corruption et progresser davantage dans la dématérialisation des transactions permettraient de réduire les risques de corruption et amélioreraient l’efficacité.
Graphique 1. L’écart de productivité du travail reste important
Écart en pourcentage par rapport aux États-Unis en termes de PIB par personne occupée, 2022

Source : Calculs de l’OCDE à partir des Indicateurs du développement dans le monde de la Banque mondiale.
Des réformes de grande ampleur sont en cours pour élargir l’assurance sociale et lutter contre l’activité informelle répandue (Graphique 2) qui se traduit par des salaires peu élevés, des emplois de faible qualité et des compétences peu développées. Une approche intégrée est nécessaire pour inciter davantage les travailleurs et les entreprises à passer dans l’économie formelle et renforcer progressivement l’application de la réglementation et des sanctions. Il pourrait être utile d’abaisser les taux des cotisations sociales pour les travailleurs faiblement rémunérés, de prendre en compte, lors de sa fixation, l’impact du salaire minimum sur la régularisation des activités informelles, et d’assouplir la législation en matière de protection de l’emploi, actuellement stricte.
Une série de mesures, notamment un meilleur accès au financement, la réduction des discriminations et la lutte contre les stéréotypes de genre, contribueraient à renforcer le taux d’activité des femmes qui est actuellement faible et en baisse. Abaisser l’âge auquel des enfants peuvent fréquenter les garderies d’enfants subventionnées irait dans le même sens. Le chômage des jeunes est élevé, notamment chez les jeunes diplômés. Simplifier l’éventail des politiques actives et renforcer les obligations d’activation aideraient aussi les jeunes à trouver un emploi.
Graphique 2. L’informalité est répandue
Part de l’emploi informel

L’amélioration des compétences reste essentielle pour accroître la productivité et le niveau de vie. Même-si les résultats scolaires se sont améliorés, une part importante de la population adulte a quitté l’école à un jeune âge et les résultats scolaires aux tests internationaux restent à la traîne par rapport aux autres pays. Une réforme approfondie du système d’éducation est en cours et la poursuite des efforts de formation des adultes et des jeunes est nécessaire.
Référence
OCDE (2024), Études économiques de l’OCDE : Maroc 2024, Éditions OCDE, Paris, https://www.oecd.org/fr/publications/etudes-economiques-de-l-ocde-maroc-2024_1aad09d0-fr.html