Strengthening institutions to improve the prosperity of all Mexicans

By Sonia Araujo and
Lisa Meehan, Mexico Desk, OECD Economics Department

Why are some countries wealthier than others? There is
increasing recognition that the economic success of nations depends on well-functioning
institutions (see, for example, Acemoglu and Robinson, 2012). Institutions
provide a framework that shape economic incentives, thus influencing decisions
in a multitude of areas, such as whether to become educated, start a business,
invest and so forth. The success of policy reforms in all areas therefore
hinges on the ability of institutions to create the right incentives. Quality
institutions also create certainty and a level playing field on which people
can build, thus bringing more fairness and greater access to opportunities. Overall,
quality institutions are of fundamental importance to economic outcomes.

It is therefore concerning that numerous indicators suggest that institutional quality is low and declining in Mexico (Figure). For example, symptomatic of weak institutions, perceived corruption is the highest in the OECD and has not improved over time. Also worringly, the already high levels of crime and violence have been increasing. Mexico has the highest homicide rate in the OECD, and the number of murders has risen sharply in the past decade (OECD, 2019; Figure). Impunity is also high, with over 90% of crimes going unreported, and just a small fraction of reported cases making it to the court system (Le Clercq and Rodríguez Sánchez Lara, 2016).

Corruption is a serious drag on the prosperity of all Mexicans and tackling it features high in the new government’s agenda. Corruption is a drain on fiscal resources, undermines the ability to deliver public services and also has an adverse effect on political stability, the business environment, private investment and inclusive growth . The OECD Economic Survey of Mexico 2019 highlights that improving institutional quality would have the largest growth benefits among all structural reforms and would also facilitate the effective implement of all other policy reforms

To fight corruption and improve transparency, Mexico’s
ambitious National Anticorruption System (NACS) was enacted in 2016 (OECD,
2019).  As well as establishing a federal
anticorruption system, it requires states to create local anticorruption
systems. However, implementation is behind schedule. For example, local
anticorruption systems were supposed to be in place by mid-2017, and while
important progress has been made, not all states have fully completed this
process. The current administration is committed to accelerating the
implementation of the NACS and has taken immediate actions. For example, key
positions are now being filled – in particular, the first Special
Anticorruption Prosecutor was recently appointed.

The experiences of other countries highlight that it is very
challenging to successfully tackle corruption in a wholesale manner. Going
forward, it will be important to monitor and evaluate the outcomes of NACS, and
address identified weaknesses, especially at a regional level, in order to
avoid exacerbating already stark geographic disparities, and take further
action if necessary.

Mexico has also undertaken other reforms in recent years to move the quality of institutions and economic oversight towards international best practice. This included the creation new independent sector regulators were created as part of the 2013 energy reforms and two new autonomous competition authorities and specialist competition courts were established in 2014. Ensuring the independence and adequate resourcing of these autonomous entities will be crucial to the continued strengthening of competition in Mexico.

References:

Acemoglu, D. and J.A.
Robinson. (2012). Why nations fail: The origins of power, prosperity,
and poverty
. New York: Crown Publishers.

Le Clercq, J. and G. Rodríguez Sánchez Lara (2016), Global
Impunity Index Mexico IGI-MEX 2016, Center of Studies on Impunity and Justice
(CESIJ), http://www.udlap.mx/cesij.

OECD (2019), OECD Economic
Surveys: Mexico 2019
, OECD Publishing, Paris. https://doi.org/10.1787/a536d00e-en




Le temps de travail en France : comment expliquer sa faiblesse relative ?

par Antoine Goujard, Bureau France, Département économique de l’OCDE

Le temps de travail en France : comment expliquer sa faiblesse relative ?

Les débats sur le temps de travail font rage et
les statistiques diffèrent d’une étude à l’autre.
Ce blog clarifie les statistiques sur le temps de
travail sous trois angles : le nombre d’heures travaillées, bien sûr, mais
également l’emploi, et la durée du travail sur la vie active, ou dit autrement
combien de temps passent les Français au travail et à la retraite. Le résultat
est frappant : les Français qui travaillent le font autant que dans les
autres pays de l’OCDE, mais les Français sont moins souvent employés et
travaillent aussi moins longtemps sur la durée de leur vie, ce qui nuit à la
fois à leur pouvoir d’achat et à leur retraites. On peut argumenter qu’il
s’agit d’un choix de société, mais étant donné les coûts de ce choix, notamment
en finançant les retraites plus longues plutôt que d’autres priorités
collectives, il est essentiel de clarifier ces données, les coûts et les
implications de ces choix.

Les Français, qu’ils soient salariés ou non salariés, travaillent en moyenne moins chaque année que dans la moyenne des pays de l’OCDE, avec 1526 heures travaillées pour 1751 dans la moyenne des pays de l’OCDE en 2016. Cet écart a été relativement stable sur les 20 dernières années (Figure 1). Issues de la comptabilité nationale, ces données sur les heures travaillées représentent le nombre total d’heures effectivement travaillées par an divisées par le nombre de personnes en emploi (salariés et/ou travailleurs indépendants) par an. Les heures effectives comprennent les heures de travail à plein temps, temps partiel et pour les personnes ayant un travail irrégulier, les heures supplémentaires payées ou non, les heures dues à un travail additionnel, et excluent le temps effectivement non travaillé pour jours fériés, et les congés pour raisons diverses et heures chômées pour des raisons techniques ou économiques, grèves et autres mouvements sociaux, compensation chômage ou autres raisons.

Ce sont surtout ces jours non-travaillés qui expliquent la différence en heures annuelles de la France par rapport aux autres pays de l’OCDE. Les heures travaillées dans une semaine habituelle sont en France en ligne avec la moyenne de l’OCDE. Les travailleurs français, salariés ou indépendants, effectuent 37,2 heures par semaine habituelle (i.e. excluant les congés et autres absences) pour 37,3 en moyenne dans l’OCDE (Figure 2, Panneau A). Certes, les salariés à temps plein travaillent moins en France que dans la moyenne des pays de l’OCDE lors d’une semaine habituelle, à 38,9 heures hebdomadaires pour 40,1 dans l’OCDE (Panneau B). Cependant, le nombre de travailleurs à temps partiel ou irréguliers est inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE (Panneau C) et le temps de travail sur une semaine habituelle des salariés à temps partiel est plus important en France que dans la moyenne des pays de l’OCDE (Panneau D).

Outre, le temps de travail des actifs occupés, il est
essentiel de considérer les périodes de chômage et d’inactivité.
L’emploi est nettement plus faible en
France que dans les autres pays de l’OCDE : le taux d’emploi total (le
ratio du nombre de personnes employées par la population de 15 à 64 ans) s’élèvait à 65,6% au quatrième trimestre 2018, inférieur de trois points à
la moyenne OCDE. L’emploi est tiré à la baisse par le faible emploi des jeunes
et des personnes agées de plus de 55 ans (Figure 3, panneau A). Alors que 80,8%
des personnes entre 25 et 54 ans travaillent en France pour 78,6% dans
l’ensemble de l’OCDE, seuls 30,5% des 15-24 ans sont en emploi pour 42% dans
l’OCDE. Pour les 55-64 ans c’est seulement 52,6% des Français qui sont en
emploi, pour 61,7% en moyenne dans le reste de l’OCDE. Les statistiques sont
similaires pour le taux de participation au marché du travail, ce qui suggère
un problème d’employabilité plutôt que de découragement, en lien avec les
compétences relativement faibles d’une part importante de la population (OCDE,
2019).

La France a du mal à intégrer les jeunes dans l’emploi, notamment les moins qualifiés, et presqu’autant à maintenir dans l’emploi les plus de 54 ans. Pour les plus jeunes, la faiblesse des taux d’emploi s’explique principalement par des difficultés ciblées d’intégration au marché du travail. Le taux de scolarisation des 20-29 ans (20,4 %) est inférieur à la moyenne de l’OCDE (28,6 %) et les taux d’emploi en sortie d’étude sont beaucoup plus faibles que dans la moyenne des pays Européens pour les moins qualifiés (Boone et Goujard, 2019). Pour les plus de 54 ans, la durée du travail est faible alors que l’espérance de vie, notamment en bonne santé, est élevée, d’où la question du financement des retraites. On travaille moins longtemps sur le cycle de vie en France qu’ailleurs dans l’OCDE : l’âge effectif de sortie du marché du travail est le second plus bas de tous les pays de l’OCDE pour les hommes et le septième plus bas pour les femmes (Figure 3, panneau B). L’âge effectif de sortie du marché du travail prend en compte tous ceux qui sortent de la population active au-delà de 40 ans, y compris pour des raisons d’inactivité ou d’invalidité.

En raison des faiblesses du marché du travail, un taux
d’emploi moins élevé chez les jeunes et les plus de 54 ans, des difficultés d’intégration
au marché du travail des moins qualifiés, et de cet âge de retrait du marché du
travail faible, la durée de cotisation
au système de retraite est actuellement plus faible qu’ailleurs en Europe

(la durée de cotisation nécessaire pour recevoir une retraite à taux plein est cependant
appelée à augmenter progressivement de 41 ans et 2 trimestres en 2019 pour
atteindre 43 ans en 2035 pour les générations nées en ou après 1973). En 2017,
les Français partant en retraites ont en moyenne travaillé 34,5 années avant la
retraite contre 35,6 dans l’Union Européenne (à 27) (Commission Européenne,
2018), alors même que l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé
sont élevées. La durée de de vie passée
à la retraite est ainsi parmi les plus élevées de l’OCDE, à 25 ans soit 5 ans
de plus que la moyenne de l’OCDE
.

En
conclusion, la faiblesse relative du temps de travail  en France provient
à la fois de choix de société et d’un mauvais fonctionnement du marché du
travail.
Les congés élevés, l’âge d’ouverture des droits et les
autres paramètres du système de retraite rentrent dans la première catégorie.
La question est de savoir si ces choix sont finançables et s’ils ne se font pas
au détriment d’autres objectifs. Il s’agit donc avant tout de choix politiques.
L’autre source de la faiblesse relative du temps de travail tient aux
insuffisances du marché du travail, comme les difficultés d’insertion des
jeunes et moins jeunes et les discriminations à l’emploi, le temps partiel
subi, sans compter la persistance d’un chômage élevé.

Augmenter le temps de travail en France nécessite donc une stratégie globale. En premier lieu, il est urgent d’agir pour l’emploi des jeunes, seniors et moins qualifiés , c’est-à-dire faciliter l’accès à la formation professionnelle et améliorer la qualité de celle-ci, ainsi que développer davantage l’apprentissage et l’accompagnement, en lien avec les réformes en cours. Réduire les recours excessifs aux contrats courts permettrait aussi de favoriser le développement des CDI et de limiter la récurrence de certains épisodes de chômage. En second lieu, même si l’âge de départ à la retraite est un choix de société, les coûts d’un départ précoce tant pour les individus (retraites plus basses) que pour la société (renoncement à d’autres projets collectifs) peuvent être très élevés. Revoir les pénalités et primes de retraite en fonction de l’âge de départ permettrait que ces coûts soient mieux intégrés dans les choix individuels. Aligner les paramètres des différents systèmes de retraites améliorerait aussi significativement la lisibilité du système et la mobilité de la main-d’œuvre, en ligne avec la réforme engagée.

Bibliographie

Boone, L. and A.
Goujard (2019), La France, les inégalités et l’ascenseur social. https://oecdecoscope.blog/2019/02/25/la-france-les-inegalites-et-lascenseur-social/.

Commission Européenne (2018), “The 2018 Ageing Report –
Economic & Budgetary Projections for the 28 EU Member States (2016-2070)”, Institutional Paper, No 79, https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/economy-finance/ip079_en.pdf

OCDE (2014),
Vieillissement et politiques de l’emploi : France 2014 – Mieux travailler avec
l’âge, Éditions OCDE, Paris. https://doi.org/10.1787/9789264206847-fr.

OCDE (2019), Études économiques de l’OCDE : France 2019, Éditions OCDE, Paris. https://doi.org/10.1787/10f0135f-fr




Latvia: Working towards stronger and more inclusive growth

by Naomitsu Yashiro, Latvia Desk, OECD Economics Department

Latvia is a dynamic economy that joined the OECD in 2016. It has enjoyed strong economic performance in recent years and its macroeconomic policy is sound. Nevertheless, Latvia’s per capita GDP is still only about a half of the average level of high income OECD countries (Figure 1). Latvia also faces one of the fastest declines in the working-age population in the OECD due to ageing and outmigration. Hence, strong productivity growth is crucial for Latvia to ensure continued catch up of living standards with higher income OECD countries.

Although Latvia’s labour productivity growth is among the highest in the OECD, it decelerated considerably after the crisis mostly due to a smaller contribution of investment (Figure 2). Business-based innovation is weak and the use of digital technologies lags considerably behind other OECD countries despite fast Internet connection speed. A slow take-up of new technologies is due to shortages of qualified workers and weak knowledge transfer from research institutions to firms. Furthermore, subdued bank lending, owing partly to low debt recovery in insolvency procedures and widespread informality, prevents productive firms from investing and growing larger.

The government has implemented reforms to align education
and training with labour market needs and promote science-industry linkages
with support from EU funds. It is also working hard to strengthen the capacity
of the judiciary and law enforcement agencies to fight economic crimes like tax
evasion and money laundering.  This
should help strengthen investor confidence and the ability of firms to better
document their income to obtain credit. The 2019
Economic Survey of Latvia
calls for more investment in skills, innovation
and continued efforts to strengthen competition, in particular in sectors with
a strong presence of municipal or state-owned enterprises.

More needs to be done to strengthen wellbeing and social inclusion. Building on a recent reform that lowers taxes on lower-income workers the tax-and-benefit can be used more to reduce high income inequality. Access to healthcare is highly unequal owing partly to exceptionally high out-of-pocket expenditure (Figure 3). The government’s efforts to boost healthcare spending need to continue. Its recent decision to suspend a reform that would have threatened universal healthcare is also welcome.

The regional gap in public service quality and economic
opportunities is also large. The planned territorial reform will be an
excellent opportunity to merge municipalities, and improve the efficiency of
municipal service provision.  A shortage
of affordable housing hinders labour mobility and better job matches. More
public funding for affordable rental and social housing would help this.

Further reading:




La fragilité de l’économie mondiale exige de toute urgence un effort de coopération

Par Laurence Boone, Cheffe économiste de l’OCDE

Il y a un an, l’OCDE avait
alerté sur le fait que les incertitudes entourant les échanges mondiaux et
l’action publique pouvaient être très préjudiciables à l’économie mondiale et
contribuer à creuser un peu plus encore la fracture entre les citoyens. Un an
plus tard, la dynamique économique mondiale s’est considérablement essoufflée
et la croissance devrait rester en berne, sur fond de persistance des tensions
commerciales. Les échanges et l’investissement ont fortement ralenti, en
particulier en Europe et en Asie. La confiance des entreprises et des
consommateurs s’est émoussée et la production manufacturière s’est contractée.
Face à cette situation, les conditions financières se sont assouplies du fait
que les banques centrales se sont orientées vers des politiques monétaires plus
accommodantes, tandis que la politique budgétaire exerçait un effet de relance
dans un petit nombre de pays. Parallèlement, la faiblesse du chômage et une
légère remontée des salaires dans les grandes économies continuent de soutenir
les revenus et la consommation des ménages. Dans l’ensemble cependant, les
tensions commerciales sont lourdes de conséquences et la croissance mondiale
devrait reculer pour s’établir à seulement 3.2 % cette année, avant
de se réorienter à la hausse pour atteindre 3.4 % en 2020, soit
un chiffre nettement inférieur aux taux de croissance observés ces trente
dernières années, ou même en 2017-18.

Alors que la phase
d’expansion était synchrone il y a dix-huit mois, on a vu apparaître entre les
secteurs et entre les pays des divergences reflétant l’exposition aux tensions
commerciales, la puissance des réponses budgétaires et les incertitudes politiques.
Durement frappé par le relèvement des droits de douane et par l’incertitude en
découlant quant à l’avenir des relations commerciales, le secteur
manufacturier, dans lequel les chaînes de valeur occupent une place
prépondérante, devrait rester peu dynamique. La progression de l’investissement
des entreprises, qui est aussi étroitement liée aux échanges, devrait marquer
le pas et être ramenée à 1 ¾pour cent par an sur la
période 2019‑20, contre 3 ½ pour cent par an environ
en 2017-18. Moins exposé aux soubresauts des échanges, le secteur des
services, qui est à l’origine de la majeure partie des créations d’emplois,
continue en revanche de bien résister. Dans le même temps, on observe un
ralentissement de la croissance dans la plupart des économies avancées, en
particulier dans celles où les échanges et le secteur manufacturier jouent un
rôle important, comme en Allemagne et au Japon où, selon les prévisions, la
croissance du PIB devrait être inférieure à 1 % cette année. Aux États-Unis
en revanche, la dynamique de la croissance a été maintenue grâce au soutien non
négligeable de la politique budgétaire, même si celui-ci tend à s’estomper. Des
divergences sont également apparues entre les économies de marché émergentes,
puisque l’Argentine et le Turquie bataillent pour sortir de la récession tandis
que l’Inde et d’autres économies bénéficient de l’assouplissement des
conditions financières et, dans certains cas, d’un soutien budgétaire ou
quasi-budgétaire.

En outre, l’économie
mondiale demeure largement dépendante d’un soutien continu des politiques
publiques. Dix ans après la crise financière, sur fond d’inflation modérée, les
bilans des banques centrales continuent de s’établir à des niveaux jamais
atteints, les taux d’intérêt, à court et à long terme, sont historiquement bas,
et la dette publique, sauf dans quelques cas, a beaucoup augmenté. À de
rares exceptions près, les économies de marché émergentes ont conservé des
volants de réserves importants. En résumé, les banques centrales ont à peine
normalisé l’orientation de leur politique monétaire et leur soutien demeure
essentiel.

Globalement, en dépit
d’un accompagnement des pouvoirs publics sans précédent au lendemain de la
crise financière mondiale, la reprise n’a pas été suffisamment vigoureuse et
durable pour se traduire par une hausse des salaires et une amélioration des
niveaux de vie. Depuis 2010, le PIB réel par habitant, qui est un
indicateur imparfait du niveau de vie, n’a augmenté que de 1.3 % par
an au niveau de la médiane de l’OCDE. Bien que le chômage soit à son plus bas
niveau depuis près de quarante ans, les salaires réels devraient progresser de
moins de 1.5 % par an sur la période 2019-20, soit moins que les
2 % enregistrés pendant les dix années ayant précédé la crise, dans une
économie moyenne de l’OCDE. En d’autres termes, l’amélioration des niveaux de
vie, dix ans après la crise, a été trop lente pour faire reculer sensiblement
les inégalités, lesquelles s’étaient creusées pendant les deux décennies
d’avant la crise. Pour le ménage médian par exemple, le rythme de progression
du revenu disponible réel a régressé depuis la crise dans les grandes économies
avancées, à l’exception des États-Unis.

L’horizon demeure
sombre et de nombreux risques jettent une ombre menaçante sur la croissance de
l’économie mondiale et le bien-être des citoyens.

  • Premièrement,
    les perspectives de croissance déjà moroses sont exposées à un risque
    d’escalade des tensions commerciales qui pèse tant sur le continent américain
    que sur l’Asie et l’Europe. Les simulations présentées dans le premier chapitre
    de ces Perspectives économiques montrent
    qu’un regain de tensions entre les États-Unis et la Chine pourrait éroder de
    plus de 0.6 % le PIB mondial en l’espace de deux à trois ans.
  • Deuxièmement,
    le secteur manufacturier et celui des services ne sont pas cloisonnés. Si, dans
    les services, l’activité a gardé son dynamisme, jouant un rôle d’amortisseur,
    il est peu probable qu’elle reste encore longtemps découplée de celle du
    secteur manufacturier. Plus d’un tiers des exportations manufacturières brutes
    est imputable au secteur des services qui est, directement ou indirectement, à
    l’origine de plus de la moitié des exportations mondiales. De plus, le secteur
    manufacturier est fondamentalement tributaire de l’investissement, qui non
    seulement est le moteur de la croissance et de l’emploi d’aujourd’hui, mais en
    outre détermine la croissance et les niveaux de vie de demain.
  • Troisièmement,
    la Chine demeure une source de préoccupation, sachant que le déploiement
    d’instruments de politique monétaire, budgétaire et quasi‑budgétaire aura des
    effets sur l’activité qui sont incertains, mais que ces instruments pourraient
    en outre continuer d’alimenter la dette des sociétés non financières, laquelle
    atteint déjà un niveau record. Nous estimons qu’une diminution de 2 points
    de pourcentage de la croissance de la demande intérieure en Chine, qui se
    poursuivrait pendant deux ans et se conjuguerait à un regain d’incertitude,
    pourrait entraîner une baisse du PIB mondial de 1 ¾ pour cent la
    deuxième année.
  • Enfin,
    la dette du secteur privé s’accroît rapidement dans les grandes économies.
    L’encours mondial des obligations émises par des sociétés non financières a
    presque doublé, en termes réels, par comparaison avec 2008, ressortant à
    près de 13 000 milliards USD, et la qualité de la dette se
    détériore, notamment en raison d’une hausse de l’encours de prêts à effet de levier.
    Un nouvel épisode d’instabilité financière pourrait éclater.

À l’avenir, les
tensions commerciales auront un impact négatif sur les perspectives, non
seulement à court terme, mais également à moyen terme, et nécessiteront une
action urgente des pouvoirs publics pour redonner du souffle à la croissance.
Il y a encore moins de deux ans, l’économie mondiale connaissait une phase
d’expansion synchrone, mais les difficultés marquant actuellement les relations
commerciales et le système commercial multilatéral fondé sur des règles font à
présent sortir la croissance mondiale de ses rails en générant un surcroît
d’incertitude qui déprime l’investissement et les échanges. Le processus de
mondialisation de l’après‑Seconde Guerre mondiale, porté par des accords
multilatéraux qui ont permis une ouverture toujours plus grande aux échanges,
se voit remis en question.   

Dans ce contexte, nous
en appelons aux gouvernants pour qu’ils fassent jouer tous les leviers d’action
à leur disposition. Tout d’abord, il est impératif, à partir d’un diagnostic
commun sur les enjeux commerciaux et en tenant compte de l’interdépendance des
économies, avec des chaînes de production qui s’étendent par-delà les
frontières, de relancer des discussions multilatérales sur le commerce. Ensuite,
dans les pays où la demande est en berne, comme dans ceux de la zone euro par
exemple, les pouvoirs publics devraient non pas s’en remettre encore et
toujours à la politique monétaire, mais profiter de la faiblesse des taux pour
accompagner les réformes structurelles par des mesures de relance budgétaire
dans les pays dont la dette publique est relativement modeste. Une action
combinée de ce type peut remédier à l’atonie de la croissance, accroître sa
résilience et doper l’activité à long terme, de manière durable et bénéfique à
tous. Les priorités devraient être l’investissement dans les infrastructures,
en particulier numériques, les transports et les énergies vertes,
l’amélioration des compétences et, plus généralement, la mise en œuvre de politiques
en faveur de l’égalité des chances. Ainsi, dans la zone euro, associer des
réformes structurelles visant à rehausser la croissance de la productivité
de 0.2 point de pourcentage par an pendant cinq ans à des mesures de
relance budgétaire sur trois ans, équivalant à 0.5 % de PIB, dans les
pays peu endettés pour financer des investissements publics, aurait pour effet
non seulement de dynamiser la croissance à court terme, mais aussi de faire
progresser le PIB d’environ 1 point à plus long terme.

Des réformes sont
également nécessaires pour recueillir les fruits de la transformation numérique
et les partager entre tous. Dans le chapitre spécial de cette édition des Perspectives économiques, sont analysés
les changements induits par cette transformation numérique et les mesures
devant être prises pour que celle-ci se traduise par une croissance plus forte
et plus inclusive. Les technologies numériques influent sur la manière dont les
entreprises produisent des biens et des services, innovent et interagissent
avec d’autres entreprises et avec leurs salariés, les consommateurs et
l’administration. Ces technologies offrent un vaste potentiel d’amélioration de
la productivité dans les entreprises et, in
fine
, des niveaux de vie, mais ces gains sont, jusqu’à maintenant,
décevants. La productivité du travail a considérablement ralenti dans les pays
de l’OCDE au cours des dernières décennies et seule une poignée d’entreprises
« superstars » bénéficie aujourd’hui de la transformation numérique.
La faiblesse des gains de productivité explique la croissance timide des
salaires, cependant que les tâches répétitives exécutées par une main-d’œuvre
peu ou moyennement qualifiée sont de plus en plus automatisées. Ces évolutions
ont de profondes répercussions sur les niveaux de vie et l’inclusivité. 

Les pouvoirs publics
et les entreprises devront mettre en œuvre toute une série de mesures pour que
la transition numérique soit efficiente et inclusive. Mettre à profit cette
transition exigera d’opérer des changements dans les pratiques des entreprises,
l’organisation du travail et l’éventail des compétences, qui nécessiteront un
vaste redéploiement des ressources dans, et entre, les entreprises et les
secteurs. Ces changements peuvent prendre du temps et entraîner des coûts
d’ajustement transitoires dont peuvent pâtir les groupes vulnérables. Des
réformes s’imposeront donc dans divers domaines : l’éducation, pour
améliorer les compétences cognitives des individus ; la formation, pour
rehausser le niveau de compétences techniques et managériales ; l’accès des
entreprises à des solutions de financement, pour favoriser l’investissement,
notamment en fonds propres, dans des actifs incorporels et dans la R-D ;
l’évolution de la politique de la concurrence, pour adapter le cadre
réglementaire aux changements de modèle économique résultant de la
transformation numérique et assurer une affectation efficiente des ressources.
Si les pouvoirs publics et les entreprises prennent des mesures pour remédier
aux défaillances constatées, l’adoption des technologies numériques et les
gains générés par la transformation numérique pourraient bien, en définitive,
être à la hauteur de nos espérances.

Les incertitudes relatives aux échanges mondiaux et à l’action publique ayant érodé la confiance des entreprises et des ménages, certains risques qui pesaient sur la croissance mondiale se sont concrétisés au cours de l’année écoulée. La croissance devrait rester en berne sur fond de persistance des tensions commerciales conjuguée à une aggravation des inégalités. Les gouvernements peuvent, et doivent, agir ensemble pour rétablir une croissance qui soit durable et partagée entre tous.

Accedez aux Perspectives Économiques de l’OCDE




A renewed strategy to boost growth and well-being in Mexico

by Sonia Araujo and Lisa Meehan, Mexico Desk, OECD Economics Department

The Mexican economy has benefited from strong fundamentals. A strong macroeconomic policy framework has underpinned moderate growth, in the face of a number of shocks the economy has experienced in the recent past. Monetary policy has successfully tamed inflation and prudent fiscal policy has halted the rise in the debt-to-GDP ratio. The financial system is strong and a number of financial buffers in the form of stabilisation funds and international reserves cushion against tail risks.

The macro framework has brought stability to the economy but
it has not been enough to deliver strong growth. GDP growth has been moderate,
particularly compared with other emerging market economies, averaging only 2.2%
a year since 2009. The relatively modest growth that has occurred chiefly
reflects a demographic bonus, as Mexico’s young population entered the labour
market. Mexicans work far longer days than anyone else in the OECD.  But owning to low productivity, Mexico’s GDPpc
remains the lowest in the OECD as the country has not converged to higher
living standards (Figure 1). Mexico has the macro right, now it is time to work
on the micro.

The 2019 OECD Economic Survey of Mexico looks into policies that will make growth more robust and equitable. The main findings are:

  • Maintaining macroeconomic stability is key to
    smooth adjustment to shocks in the context of heightened uncertainty and to
    provide confidence to economic agents in the medium term.
  • Implementing a comprehensive strategy to boost
    productivity and inclusiveness calls for an integrated package of reforms
    across several policy areas as policy complementarities matter.
  • Increasing equity and providing opportunities
    for all, including women, indigenous populations, and lagging regions should be
    an integral element of the reform agenda to solve Mexico’s stark  disparities in economic dynamism, poverty and
    well-being (Figures 2 and 3).

Many reforms are able to simultaneously lift growth and
share the benefits more widely. These are: raising educational outcomes,
enhancing women’s participation in the labour market, improving incentives to
job and business formalisation, improving regulations to spur competition,
boosting infrastructure, further enhancing trade and participation in global
value chains, particularly SMEs. The redistributive role of fiscal policy also
needs strengthening.

Stronger institutions are key to attaining stronger growth and increasing fairness and opportunities for all. Reducing corruption, insecurity and crime would boost economic activity and especially benefit the poor and underprivileged. They are also an integral ingredient to making all other reforms work. Mexico should continue efforts to reduce crime and impunity and complete the implementation of the National and Local Anticorruption Systems reforms and monitor the results, especially focusing on the capacity of the different states to strengthen their institutional arrangements.

Further reading:

OECD (2019), OECD Economic Surveys: Mexico 2019, OECD Publishing, Paris. https://doi.org/10.1787/a536d00e-en




Boosting growth in France and making reforms beneficial to all

by Antoine Goujard and Pierre Guérin, France Desk, OECD Economics Department

The French economy is slowing, but less
than its neighbours. The French authorities have engaged a significant reform
agenda that should be complemented with particular care for inequality issues.
Income
per capita growth has lagged the euro area average (Figure 1). The 2019 OECD
Economic Survey
,
launched on 9 April 2019 by the OECD Secretary General and the
Minister of Finance, points that there is a need to boost growth and ensure
that the gains of reforms reach low-income households.

Reforms need to be beneficial to all and improve the prospects of low-income populations.
The recent “yellow vest” demonstrations have shown that gains of reforms
seem elusive for part of the population. Income per capita when corrected by
household composition has been flat for the past ten years (Figure 2). Employment
rates, notably for the youth, low skilled and older workers are low, and
economy-wide productivity has declined as in many other OECD countries.
Moreover, weak social mobility tends to perpetuates economic and social
situations from one generation to the next, despite the relatively low poverty
rate after taxes and transfers (Boone and Goujard, 2019).

What will it take to reach more
sustainable growth and make sure that it benefits all?

The
government’s reform agenda is significant.
The “PACTE” law would strengthen
business dynamism and firm growth. Comprehensive labour reforms, lower business
and labour taxes and a welcome productivity-enhancing public investment plan would
help raise medium-term growth and boost employment. Spending reviews and a
planned pension reform are set to increase the effectiveness of public
expenditures and make room for tax cuts, while preserving public investment.
OECD estimates, covering a broad part of ongoing reforms and based on the
experience of other OECD countries (Akgun et al., 2017; Causa et al. 2016),
show that, if fully implemented, these measures could boost GDP per capita by
3.2% at a ten-year horizon and would mostly benefit middle- and lower-middle
income households in the medium term (Figure 3).

Looking
forward, France should capitalise on this reform agenda and take further
measures to increase high-quality jobs, improve social mobility and raise
public spending efficiency.
Additional measures could do much to boost employment and
productivity, and to ensure higher equality of opportunity, while lifting the
average annual growth rate and helping to reduce firmly the public debt-to-GDP
ratio. Such measures could push GDP per capita gains to 5% at a ten-year
horizon. This is among the key policy insights of the OECD’s 2019
Economic Survey of France:

  • Raising
    well-being will depend on strengthening skills and greater inclusion of
    low-skilled workers in the labour force
    . This requires increasing
    the quality of education from an early age and reforms to ensure high-quality lifelong
    training programmes benefit everyone. Regularly evaluating vocational training
    and subsidised job programmes, will improve their quality. Increasing
    the relative cost of short-term hiring and reforming the unemployment insurance
    system would reduce incentives for recurrent short-term employment periods and
    unemployment spells that weigh on the career prospects of low-skilled and
    younger workers.
  • Continuing
    to reduce administrative barriers to entry and unduly restrictive regulations
    will raise competitive pressures and ensure favourable conditions for young and
    dynamic firms.
    Continuing to reduce the administrative burden could
    ease firm entry and growth. Moreover, entry and conduct regulations remain
    stringent in several professional services – such as accountants, notaries and
    pharmacists – weighing on productivity and employment. To ensure such
    regulations are in the public interest, reviewing existing regulations from a
    competition perspective would be helpful.
  • Reducing
    the public spending-to-GDP ratio is needed to improve the fiscal position, and
    lower tax rates in the long run, particularly on labour
    .
    Government spending policies should focus on ensuring investment and social
    spending are better targeted to increase efficiency. Streamlining the tax system would also
    support economic activity. Reviewing some narrow-based low-revenue taxes
    that affect businesses would simplify the tax system. VAT exemptions and
    reduced rates are also sizeable and some of them benefit too little low-income
    households.

References

OECD (2019), OECD Economic
Surveys: France 2019
, OECD Publishing, Paris. http://www.oecd.org/eco/surveys/france-economic-snapshot/

Boone, L. and A. Goujard
(2019), France, inequality and the social
elevator
. https://oecdecoscope.blog/2019/02/25/la-france-les-inegalites-et-lascenseur-social/.

Akgun, O., B. Cournède
and J. Fournier (2017), “The effects of the tax mix on inequality and growth”, OECD Economics Department Working Papers,
No. 1447, OECD Publishing, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/c57eaa14-en.

Causa, O., M. Hermansen
and N. Ruiz (2016), “The Distributional Impact of Structural Reforms”, OECD Economics Department Working Papers,
No. 1342, OECD Publishing, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/5jln041nkpwc-en.




Stimuler la croissance en France et s’assurer que les réformes profitent à tous

par Antoine Goujard et Pierre Guérin, Bureau de la France, Département Économique de l’OCDE

L’économie française ralentit, mais moins que ses voisins. La France a lancé un programme de réformes significatif, auquel elle doit associer un soin particulier aux inégalités. En effet, le revenu par habitant a progressé moins vite que dans la moyenne de la zone euro (Graphique 1). L’étude économique de l’OCDE : France 2019, lancée le 9 avril 2019 par le Secrétaire général de l’OCDE et le ministre de l’Économie et des Finances, montre qu’il est nécessaire de continuer de stimuler la croissance et de faire en sorte que les gains des réformes atteignent les ménages les plus modestes.

Les réformes doivent profiter à tous et améliorer les perspectives des ménages à faibles revenus. Les manifestations des « gilets jaunes » ont montré que les gains des réformes en cours n’étaient pas perçus par une partie de la population. Le revenu réel par habitant corrigé de la structure des ménages est resté inchangé depuis dix ans (Graphique 2). Les taux d’emploi, en particulier chez les jeunes, les travailleurs peu qualifiés et âgés, sont faibles et la productivité de l’ensemble de l’économie a diminué, comme dans de nombreux autres pays de l’OCDE. De plus, la faible mobilité sociale tend à perpétuer les situations économiques et sociales d’une génération à l’autre, malgré un taux de pauvreté relativement bas après impôts et transferts (Boone et Goujard, 2019).

Comment atteindre une croissance plus durable et s’assurer qu’elle profite à tous ?

Le programme de réforme du gouvernement est ambitieux. La loi Pacte devrait renforcer le dynamisme de l’économie et la croissance des entreprises. Des réformes importantes du marché du travail, une réduction des prélèvements sur les entreprises et le travail et un plan d’investissement public favorable à l’amélioration de la productivité devraient aussi contribuer à stimuler la croissance et l’emploi à moyen terme. Les revues de dépenses et la réforme des retraites envisagée devraient renforcer l’efficacité des dépenses publiques et donner des marges de manœuvre pour réduire les impôts, tout en préservant l’investissement public. Les estimations de l’OCDE, qui couvrent une grande partie des réformes en cours et reposent sur l’expérience d’autres pays de l’OCDE (Akgun et al., 2017 ; Causa et al., 2016), montrent que si elles étaient pleinement mises en œuvre, ces mesures pourraient augmenter de 3,2 % le PIB par habitant à un horizon de dix ans et profiteraient principalement aux catégories de revenus moyenne et moyenne inférieure à moyen terme (Graphique 3).

À l’avenir, la France devrait capitaliser sur ce programme de réformes et prendre de nouvelles mesures pour augmenter le nombre d’emplois et leur qualité, améliorer la mobilité sociale et accroître l’efficacité des dépenses publiques. Des mesures supplémentaires pourraient grandement contribuer à stimuler l’emploi et la productivité et garantir une plus grande égalité des chances. En relevant le taux de croissance annuel moyen, elles aideraient aussi à inscrire la dette publique rapportée au PIB sur une trajectoire résolument descendante. De telles mesures pourraient porter les gains en termes de PIB par habitant à 5 % à un horizon de dix ans. C’est l’une des conclusions des principaux éclairages sur l’action publique de l’étude économique de l’OCDE : France 2019 :

  • L’amélioration du bien-être dépendra du renforcement des compétences et de la plus grande inclusion des travailleurs peu qualifiés dans la population active. Cela nécessite d’accroître la qualité de l’éducation dès le plus jeune âge et de mettre en œuvre des réformes pour garantir des programmes de formation continue de haute qualité profitant à tous. Une évaluation régulière des programmes de formation professionnelle et d’emploi subventionné améliorera leur qualité. Augmenter les coûts relatifs des contrats courts et réformer le système d’assurance-chômage réduiraient les incitations aux périodes récurrentes d’activité partielle et de chômage qui pèsent sur les perspectives de carrière des travailleurs peu qualifiés et des jeunes.
  • Poursuivre la réduction des obstacles administratifs à l’entrée et des réglementations indûment restrictives augmentera les pressions concurrentielles et garantira des conditions plus favorables aux entreprises jeunes et dynamiques. Il faut continuer d’avancer sur la simplification administrative pour faciliter l’entrée et la croissance des entreprises. En outre, les réglementations à l’entrée et certains codes de conduite restent stricts dans plusieurs professions règlementées – tels que les comptables, les notaires et les pharmaciens – ce qui pèsent sur la productivité et l’emploi. Pour veiller à ce que ces réglementations soient dans l’intérêt du public, il serait utile de revoir les réglementations existantes sous l’angle de la concurrence.
  • Une réduction du ratio des dépenses publiques au PIB est nécessaire pour améliorer la situation budgétaire et réduire les taux d’imposition à long terme, en particulier sur le travail. Les politiques de dépense du gouvernement devraient viser à ce que les investissements et les dépenses sociales soient mieux ciblés pour augmenter l’efficacité de l’administration publique. Simplifier le système fiscal soutiendrait également l’activité économique. Un certain nombre d’impôts à faible rendement affectent les entreprises et devraient être revus afin de simplifier le système fiscal. Les exonérations de TVA et les taux réduits sont considérables et certains d’entre eux bénéficient à trop peu de ménages à faible revenu.

Bibliographie

OCDE (2019), Études économiques de l’OCDE : France 2019, Éditions OCDE, Paris. https://doi.org/10.1787/10f0135f-fr

Boone, L. and A. Goujard (2019), La France, les inégalités et l’ascenseur social. https://oecdecoscope.blog/2019/02/25/la-france-les-inegalites-et-lascenseur-social/.

Akgun, O., B. Cournède and J. Fournier (2017), “The effects of the tax mix on inequality and growth”, OECD Economics Department Working Papers, No. 1447, OECD Publishing, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/c57eaa14-en.

Causa, O., M. Hermansen and N. Ruiz (2016), “The Distributional Impact of Structural Reforms”, OECD Economics Department Working Papers, No. 1342, OECD Publishing, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/5jln041nkpwc-en.




Nine questions and answers on the 2019 Economic Survey of Italy

By Laurence Boone, Mauro Pisu and Tim Bulman, OECD Economics Department

disponibilie anche in Italiano

1. Italy has been implementing the OECD’s recommendations for years, yet the economy has been weak. Should not Italy change approach?

Italy
has implemented some of the recommendations of past OECD Surveys and these have
been bearing fruit. For example:

  • Past
    Surveys have recommended reducing social security contributions to raise
    employment. Such a cut was implemented on a temporary basis from 2015 and
    employment rose by about 3 percentage points. Employment growth started slowing
    when the reductions in social security contributions gradually expired.
  • Past
    Surveys have recommended strengthening innovation policies and incentives for
    innovative investment. The Industry 4.0 programme has introduced fiscal
    incentives for investments in digital technologies, which have increased
    rapidly since then.
  • Past
    Surveys have recommended improving public procurement and fighting vigorously
    corruption. Public procurement procedures have been restructured and harmonised
    across the country by reducing the number of contracting authorities, resulting
    in large cost savings; the anticorruption authority (ANAC) has taken on an
    important role in preventing corruption and is now a model for other countries.

There
are many areas where In Italy has not taken action following OECD
recommendations. For instance, past Surveys have recommended to:

  • Accelerate
    and streamline bankruptcy procedures and make it easier to restructure
    insolvent firms. The new insolvency code has still to be approved by parliament.
  • Increase
    R&D spending. The R&D spending is still one of the lowest across OECD
    countries (even after accounting for the effects of the Industry 4.0 plan).
  • Increase
    available places in childcare facilities. They are low and one of the reasons
    why so few women work in a number of regions.
  • Increase
    public investment, which has kept declining.
  • Increase
    spending on and restructure public employment services. This process is just
    starting.
  • Strengthen
    the apprenticeships system by introducing minimum training quality standards. Apprenticeships
    are widespread in Italy but their educational content remains limited.

2. What is the OECD’s view of the Reddito di Cittadinanza?

The Survey welcomes the large increase in
resources to reduce poverty through the Reddito di Cittidanza. The measure is
consistent with previous OECD recommendations and will help to direct a larger
share of social transfers to people in poverty.

However, the Reddito di Cittadinaza could be improved and contribute more to boosting employment. Its current level of benefit is high by international standards and higher than the wages of many jobs, especially in poorer regions. This will discourage beneficiaries from working in the formal sector.*

To address this problem, the Survey
suggests lowering the Reddito di Cittadinanza by 30-40%, tapering off the benefit as beneficiaries start working and
their labour income grows, and introducing an in-work benefit system for
low-wage workers to raise their take-home pay.

Overall the changes the OECD proposes for
the Reddito di Cittadinanza, along with other changes to the personal income
tax and social benefits, will cost about EUR 2.7 billion more than what
the government already budgeted for the Reddito di Cittadinanza. The OECD is
then recommending the Italian government to spend more on measures to lower
poverty and increase employment than what the government has planned on doing.

The Survey also welcomes the increase in spending on public employment services planned for 2019-20 as they will be vital to ensure those receiving the Reddito di Cittadinanza engage in job search and training programmes. However, the OECD warns that other countries’ experiences show that improving employment services takes time. The OECD recommends developing a multi-year implementation plan based on enhancing skills of employment service staff, and additional investment in IT and profiling tools is needed.

3. What is wrong with encouraging early retirement to free up job opportunities for young people?

The
new temporary early retirement scheme (“quota 100”) introduced with the 2019
budget will encourage people to retire earlier but its cost is high compared to
its benefits. The scheme will increase pension spending by EUR 20 billion in 2021
and by EUR 40 billion by 2025. Italy’s pension spending as a share of GDP is already
one of the highest among OECD countries, hampering the capacity of Italy to expand
public investment, including in education.

There is no evidence that early retirement schemes free up jobs for other workers. They would exacerbate Italy’s existing problem of an ageing population by accelerating the shrinking of the working age population. People with tougher physical jobs should nevertheless be shielded from an increase in the retirement age.

4. How can a minimum wage help provide quality jobs and good working conditions?

Italy has many specific minimum wages tied
to collective bargaining agreements. A general minimum wage would protect the low
skilled in sectors where workers have little bargaining power and would reduce
the risk of in-work poverty, which has continued to rise in Italy even during
the recovery.

The minimum wage would need to be set at a
rate that does not price low-skilled workers out of the labour market and would
need to reflect differences in productivity between regions.

Moreover, it should be set and reviewed by a transparent process and based on objective considerations about labour market conditions. To protect low-wage workers and make work pay more, the Survey recommends introducing in-work benefits for low-wage workers.

5. What does the Survey recommend on migration?

The
potential contribution of immigrants to Italy’s economy and society is huge. To
ensure the support and understanding of native-born Italians, well-managed and evidence-based migration policies and
debates are essential. It is also important to ensure that immigrants can
access training, so as that Italy benefits from the skills, entrepreneurship
and dynamism they bring.

Emigration from Italy has increased markedly since the start of the crisis, especially among young people. This is threatening sustained growth and living standards for the whole population. Policies to improve job prospects and salaries will increase Italy’s appeal as a place to live  and work. It will also contribute to the arrival of qualified immigrants from Europe and other parts of the world.

6. How can Italy become less vulnerable to higher interest rates?

Designing
and following a credible fiscal policy would enhance fiscal credibility and
lower further refinancing risks.

By implementing reforms and increasing the primary surplus Italy’s public debt would fall steadily. This would lower interest payments and free up resources to finance much needed investment, and fight poverty and social exclusion.

7. How vulnerable are Italy’s banks?

The
banking sector is in much better health than in 2017 when the previous OECD
survey was published:

  • The
    stock of non-performing loans on banks’ balance sheets has declined drastically
    and continues to do so.
  • Government
    interventions in the banking system have been effective and have cost far less
    than those in other countries.

But
more needs to be done to ensure banks can continue to support business,
especially small firms:

  • The reduction in non-performing loans has been slower for small and medium-sized banks.
  • The reform of cooperative and mutual banks has progressed but it is yet to be fully implemented.
  • Keeping government bond yields low will safeguard the banks’ stability and capacity to provide credit.

8.What are the OECD’s economic forecasts for Italy?

Italy’s
gradual recovery stalled in late 2018. The Survey projects GDP to fall by 0.2%
in 2019, before growing by 0.5% in 2020. This largely reflects the sharp
slowdown that took place in 2018 when Italy’s economy contracted by 0.6% in the
third quarter and 0.4% in the fourth. The OECD projects the economy to recover
growth by the second quarter 2019.

The slowdown has been broad-based, involving lower growth
of exports, private consumption and investment caused by the slowdown in main
trading partners (particularly Germany) and policy uncertainty. On top of the
cyclical headwinds, Italy continues to suffer from low potential output growth
which is estimated to be between 0-0.5% per year. This also explains why
Italy’s projected growth rate is lower than elsewhere. While other countries
sneeze, Italy gets a cold.

The downward revision in projected GDP growth raises the projected public deficit from 2.1% of GDP in 2018 to 2.5% in 2019. The difference in growth forecasts explains most of the difference between the deficit projections presented in the Survey and the government’s projections of 2% of GDP in 2019.

9. How was the OECD Economic Survey of Italy prepared?

Italy
is a founding member OECD, which for more than 50 years has worked closely with
successive Italian governments to provide policy advice and share good
practices.

The
Economic Surveys are biannual publications that review countries’ economic
trends and performance and provide policy recommendations to raise growth and
social welfare. All OECD
member countries
and some non-member countries undergo this review
exercise.

All OECD Economic Surveys are prepared by the OECD Economics Department in collaboration with the other, more specialised, OECD Directorates. They are reviewed by representatives of OECD member states governments, gathered in Economic and Development Review Committee (EDRC), including the country under review. The EDRC is at the core of the OECD’s peer review mechanism giving representatives of all 36 OECD member governments and the European Commission the opportunity to exchange views on economic policies and best practices. The Economics Department revises the draft survey based on comments received by the EDRC. The EDRC delegates then approve the final version for publication, ensuring a broad-based consensus.

This process allows a fruitful exchange of views and sharing of experiences among governments, to improve each other’s policies. The next Economic Survey of Italy is scheduled for 2021.

* The Survey does not fully take into account all the implementation rules of the Reddito di Cittadinanza as they have been defined only recently (Law 26/2019). Some of the implementation rules encourage the employment of beneficiaries of the Reddito di Cittadinanza, such as the subsidy to firms hiring workers from the rolls of the public employment services, others discourage it, such as setting a minimum (Reddito di Cittadinanza for a single person plus 10%) salary for job offers beneficiaries can rightfully refuse.

Further reading:

OECD (2019), OECD Economic Surveys: Italy 2019, OECD Publishing, Paris.




Sweden’s schools: lessons from history to build a better future

by Jon Pareliussen, Sweden Desk, OECD Economics Department

Swedish schools entered
the 1990s from a position of strength, as one of the top performers in early
international school surveys, including the OECD Programme for International
Student Assessment (PISA). School governance was centralised, and implemented locally
by regional education boards. A suite of sweeping reforms in the early 1990s
decentralised the school system from the central to the municipal level and
introduced choice, competition and management by objectives. The general
direction of reform was common to several OECD countries at the time, some of
which perform well in international comparison.

However, the reforms seem
to have contributed to weakening results in Sweden. Implementation was not optimal,
as some municipalities were ill-prepared to take on the new tasks, and key
stakeholders, notably among teachers and school principals, were opposing the
new model. The reform design also had weaknesses. Regional education boards
were closed and municipalities were granted full autonomy over school funding, weakening  governance structures considerably, at a time
when the introduction of liberal entry for private (for-profit and non-profit)
school providers would have called for stronger governance and control.  

The latest vintage of PISA points to a brighter future for Sweden’s schools. Average results improved, reflecting at least partly recent government interventions. However, today is no time for complacency, as Sweden’s educational performance only climbed back to close to the OECD average. Inequalities across pupils and schools are widening, and children are increasingly segregated into schools with pupils from similar backgrounds. These developments are partially driven by broader societal trends, notably increasing income inequality and immigration. Nevertheless, the school system reinforces segregation instead of counteracting it, running the risk of depriving pupils of equal opportunities.

Against this backdrop, the
special chapter of the OECD Economic
Survey of Sweden 2019
describes and analyses the challenges facing primary
and lower secondary education in Sweden. A set of recommendations is outlined,
focussing on three main areas:

  • Economies of scale and the need for coordination
    calls for a partial recentralisation of some aspects of education policy. A
    centrally set minimum funding norm based on pupils’ socio-economic
    caracteritics would target funding better to needs and equity objectives. The
    norm should be non-binding and integrated in the existing system for cost- and income
    equalisation between municipalities, in line with established governance
    principles in Sweden. A regional arm of the central government governance
    structure should be re-built to enhance cooperation, improve skill development,
    promote continuous quality improvements, and instil accountability at every
    level of the school organisation.
  • Competition and school choice can be powerful
    tools to improve school quality, but private interests in many cases differ
    from the interests of society as a whole. Effective regulation and governance
    therefore need to steer private providers to deliver for the public good. Ensuring
    that grades fairly represent pupils’ skills and knowledge would reduce
    information asymmetries. Private schools’ admission procedures need regulation
    to hold back school segregation. Municipalities should adjust how they assign
    pupils to schools by promoting more socially mixed pupil groups while toning
    down the current strong focus on proximity. Investments in new school capacity
    can help counteract segregation, notably if coordination between municipalities
    and private providers improves.
  • High-quality teachers are a school’s most
    important asset, and Sweden faces teacher shortages. Teaching needs to become
    more attractive to recruit motivated and skilled students and retain high
    quality teachers in the profession. Better teacher education with a stronger
    research base and more teaching practice would help. Once in a job, teachers
    should face clearer career paths, incentives to progress, perform and take on
    challenging tasks as well as clear accountability for key outcomes, coupled
    with more cooperation, feedback and support between colleagues. A new regional
    arm of the central government governance structure should have a central role.

Sweden is now
moving towards a new round of school reforms, largely along these lines. A
clear lesson from the previous three decades of Swedish education history is
that reforming complex systems, warranted or not, can also be a risky
undertaking. The end result depends on reform design, implementation and intricate
interactions within the system undergoing reform as well as with the external
environment.

The need to adjust
to unintended consequences as complex reforms progress is inevitable, but accurately
identifying strengths, weaknesses and causality is challenging in hindsight,
and even more in real time. Not knowing exactly where you are and how you got
there reduces the likelihood of ending up where you want to be. Therefore, decision
makers should integrate experimentation, quantitative research and evaluations
into reform design in the next round of Swedish school reforms.

References:

OECD (2019), OECD Economic Surveys: Sweden 2019, OECD Publishing, Paris.




Argentina: Laying the foundations for strong and inclusive growth

by Jens Arnold and Robert Grundke, Argentina Desk, OECD Economics Department

Over many decades, Argentina’s economy has been held back by weak policy settings and productivity growth has stalled amidst high volatility and recurrent crises. This explains why incomes have fallen behind those in Latin American and other countries over time (Figure 1). Following years of unsustainable economic policies, significant reforms have been undertaken since 2015 to strengthen growth and well-being.

Data: https://doi.org/10.1787/888933942315 x

Yet, the persistence of fiscal and external imbalances, which widened until 2018, led to a build-up of vulnerabilities (Figure 2). A combination of events, including a sharp decline of currency inflows due to an exceptionally poor agricultural harvest, loss of credibility in monetary policy following subsequent revisions of inflation targets and external events triggered a sudden capital flight during 2018. The value of the currency declined by almost 50% over the course of 6 months.

Data: http://dx.doi.org/10.1787/888933942391

The authorities reacted in a timely and decisive manner by
accelerating the fiscal adjustment, tightening monetary conditions and seeking financial
support from multilateral lenders. Although subject to risks, the new fiscal
targets are expected to put public debt on a declining trajectory if met by
future governments. However, they imply a fiscal effort of almost 6% of GDP
during 2018-2020, which is a large consolidation in historical and
international comparison. The simultaneous fiscal and monetary contractions
will take their toll on growth in the short term, but the new macroeconomic
policies also reduce vulnerabilities and lay the foundations for more solid and
inclusive growth looking forward. After all, avoiding yet another economic
crisis is a precondition for raising investment and improving living standards.

While the economy has stabilised recently, more needs to be
done to ensure stronger growth and improvements in well-being for all
Argentinians over the years to come. More ambitious structural reforms would
have substantial growth pay-offs, according to OECD estimates. An ambitious
package of reforms on product and labour markets as well better institutions
and governance could raise growth by as much as 2 percentage points per year
over a period of 10 years, compared to a scenario of no additional reforms. Currently,
competition is weak in many sectors, and a lack of dynamism in industry
structures have implied that many jobs are trapped in activities with limited
potential for productivity and wage growth. Reducing both domestic barriers to
entry and fostering a stronger integration into the global economy will be key
for this. Among OECD member and partner countries, Argentina has one of the
most restrictive regulatory settings on product markets and maintains high
trade barriers. Continuing institutional progress, perhaps embodied most
visibly in the restoration of trust in national statistics and the rising
profile of the Anti-Corruption Office, will also be crucial.

These reforms are likely to transform the structure of the economy, which currently still reflects Argentina’s traditional inward-focus and may need to evolve to make the most of future opportunities. Over this transition, it is important for policies to protect workers, but not necessarily specific jobs or firms. Strengthening social protection, which is already quite effective in reducing income disparities, is one priority, but perhaps most importantly, offering quality training opportunities for workers who wish to seize new opportunities holds the key for mastering the transition successfully and achieve sustainable improvements in poverty and inequality.

References:

OECD (2019), OECD Economic Surveys: Argentina 2019, OECD Publishing, Paris, http://dx.doi.org/10.1787/eco_surveys-dnk-2019-en